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Une aventure commune Initiative sur le secteur bénévole et communautaire : regard à mi-parcours

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Bilan de nos réalisations

L’Initiative sur le secteur bénévole et communautaire (ISBC) a réalisé des progrès importants au cours de la première moitié de son mandat dans nombre de domaines prioritaires pour les deux secteurs. On trouvera ci-dessous quelques-unes des principales réalisations de l’ISBC; pour en savoir davantage sur ces réalisations ou sur d’autres, prière de consulter les rapports des tables conjointes publiés sur le site Web de l’ISBC, à www.vsi-isbc.ca.

Améliorer la relation
Les éléments de base

L’Accord établit les valeurs et les principes communs qui façonneront les activités futures :

Valeurs
- démocratie
- civisme actif
- égalité
- diversité
- inclusion
- justice sociale

Principes
- indépendance
- interdépendance
- dialogue
- coopération et collaboration
- reddition de comptes aux Canadiens

La collaboration entre le gouvernement et le secteur bénévole et communautaire ne date pas d’hier. En fait, nombre de ministères et d’organismes bénévoles et communautaires ont établi des relations de longue date qui contribuent à l’atteinte de leurs objectifs communs.

L’Accord
Dès le départ, l’un des principaux objectifs de l’ISBC était d’élaborer un accord ou un cadre commun visant à reconnaître de manière concrète l’importance de la relation. Signé le 5 décembre 2001, Un Accord entre le gouvernement du Canada et le secteur bénévole et communautaire constitue un événement historique marquant le début d’une relation plus étroite entre les deux secteurs. En effet, l’Accord établit des valeurs et des principes communs destinés à orienter les relations de travail des deux secteurs et prend acte de l’engagement de chacun d’eux à solidifier cette relation, ce qui constitue en soi une première. Fruit de recherches intensives, ainsi que d’un débat poussé et éclairé entre les deux secteurs, l’Accord est un héritage pour les années à venir.

Les Codes de bonnes pratiques
Un des points forts de l’Accord réside dans le fait qu’on y reconnaît le besoin de mesures concrètes pour favoriser l’application de ses dispositions. On y prévoit des structures organisationnelles, des processus et des outils pour mettre en œuvre l’Accord, suivre son évolution et faire rapport sur les progrès. Deux de ces outils — élaborés conjointement et approuvés par les deux parties à l’automne 2002 — orienteront ceux-ci dans leur relation et leur recherche de nouvelles méthodes de collaboration dans le domaine du financement et de dialogue sur les politiques.

Partant du principe que les parties doivent rendre compte de leurs progrès aux Canadiens et Canadiennes, le Code de bonnes pratiques de financement prend acte également du fait qu’il est nécessaire d’assurer au secteur bénévole et communautaire des moyens d’action durables. Le Code, qui est fondé sur des principes communs, prévoit des mesures précises pour améliorer la souplesse et l’uniformité des mécanismes de financement. Grâce à des communications continues, ces pratiques deviendront au fil du temps la base du renouvellement des liens de financement entre les deux secteurs.

« Le renforcement des moyens d’action a pour but d’accroître la capacité du secteur bénévole et de ses organismes à remplir leurs missions et à faire en sorte que leurs visions se concrétisent et qu’ils jouent leur rôle. »

(Travailler ensemble)

Le secteur bénévole et communautaire joue un rôle fondamental en se faisant le porte-parole des différents points de vue de ses intervenants dans le processus d’élaboration des politiques, notamment ceux des sans voix et des groupes marginalisés. Les pratiques exemplaires énoncées dans le Code de bonnes pratiques pour le dialogue sur les politiques visent à encourager les ministères et organismes et les organisations du secteur à approfondir leur dialogue sur les politiques et à améliorer les politiques publiques, notamment en diffusant les renseignements qu’ils possèdent et en s’efforçant de mieux comprendre les objectifs stratégiques généraux de l’autre. Le Code engage également le gouvernement fédéral à revoir ses principaux projets de programme ou de politique dans l’« optique » du secteur bénévole et communautaire, c’est-à-dire avec un cadre analytique.

Nombre de ministères et d’organismes ainsi que d’organisations du secteur emploient déjà les pratiques prévues dans les codes. Le défi consistera maintenant à faire en sorte qu’elles deviennent la norme dans les relations du secteur au jour le jour. Des projets sont en cours pour distribuer les codes et en faire la promotion à grande échelle.

Renforcer les moyens d’action du secteur

Une des priorités de l’ISBC consiste à renforcer le secteur en procédant à des investissements stratégiques et en éliminant les obstacles qui l’empêchent de fonctionner efficacement.

Les personnes d’abord
Un des défis importants que doit relever le secteur bénévole et communautaire consiste à stimuler et à soutenir les efforts de ses millions d’employés et de bénévoles. L’Initiative nationale d’apprentissage de l’ISBC vise justement à relever ce défi en relevant les compétences dont ont besoin les dirigeants du secteur, de même que les endroits où ils peuvent obtenir la formation nécessaire.

Une autre initiative de l’ISBC vise à fournir des renseignements et des outils pratiques sur d’importantes questions touchant les ressources humaines, notamment l’accès aux régimes d’avantages sociaux et de pension. Le projet Ressources humaines dans le secteur bénévole et communautaire permettra également de créer un répertoire de spécialistes qui peuvent aider les organisations à se doter de structures et de processus administratifs et de gestion efficaces.

Mettre l'information au service des gens

Dans un monde de plus en plus axé sur l’information, les organisations doivent être en mesure de recueillir et de gérer l’information afin de la transmettre ensuite à ceux qui en ont besoin. L’ISBC a noté un certain nombre de stratégies visant à faire la promotion d’une saine utilisation de la technologie dans le secteur, notamment :
- Demander aux bailleurs de fonds de prévoir dans leurs politiques et pratiques des investissements technologiques pour le secteur;
- Aider les organismes à utiliser plus efficacement la technologie disponible — par exemple, en reliant les réseaux existants;
- Concevoir un portail pour le secteur;
- Mettre sur pied un service interactif sur le Web destiné expressément au secteur et à ses bailleurs de fonds;
- Sensibiliser les intéressés aux avantages des technologies et de la gestion de l’information, et diffuser de l’information sur les outils disponibles.

Stabilité financière
Les organismes du secteur obtiennent des fonds et des ressources grâce à de nombreux moyens comme les activités lucratives et la contribution de tiers, c.-à-d. les donateurs indépendants, les fondations, les entreprises et les gouvernements. L’ISBC finance plusieurs projets de recherche afin d’étudier différentes questions, à savoir l’impact de divers mécanismes de financement sur la stabilité financière et les nouveaux mécanismes ainsi que les modèles de financement utilisés dans d’autres pays.

Un autre projet, qui a pour but d’élaborer une trousse d’information sur la gestion et la stabilité financières, est conçu pour améliorer les compétences du secteur en gestion financière. Visant principalement les petits et les moyens organismes, la trousse offrira toute une panoplie de ressources permettant de gérer efficacement les fonds.

L’influence sur les politiques
Grâce à sa capacité de susciter l’intérêt des Canadiens et des Canadiennes sur d’importantes questions et de les alerter à l’avance sur une foule de domaines — p. ex. mines antipersonnel, changements climatiques, violence familiale et VIH/sida — le secteur peut documenter et enrichir de grands débats, cibler les priorités émergentes et proposer des solutions innovatrices qui favorisent le changement.

Grâce au programme de Participation du secteur à l’élaboration des politiques ministérielles (PSEPM), les organismes bénévoles et communautaires acquièrent de l’expérience et des compétences inestimables dans le domaine des politiques publiques. Plus de 28.5 millions de dollars ont été alloués à des projets de collaboration entre des organisations bénévoles et communautaires et des organismes ou ministères fédéraux afin d’élaborer des politiques et de cibler les processus qui facilitent la participation de groupes du secteur à l’élaboration de politiques. Les projets visant l’amélioration de la capacité du secteur à cet égard continueront d’être financés dans le cadre de la PSEPM jusqu’en 2004.

Le projet pilote Stages et bourses en élaboration de politiques (SBÉP) donne la chance aux employés du gouvernement et aux intervenants du secteur d’échanger leurs postes pendant une période maximale d’un an. Ce projet, qui offre l’occasion unique de voir sur place comment travaille l’autre, aidera à combler le fossé d’ordre culturel entre le gouvernement et le secteur.

Un cadre réglementaire simplifié

La réglementation régissant le secteur doit refléter la réalité de l’environnement actuel. Par conséquent, le gouvernement et le secteur procèdent à l’examen du cadre réglementaire en mettant particulièrement l’accent sur ce qui suit :

  • simplifier la déclaration de renseignements (Formulaire T3010) que tous les organismes bénévoles et communautaires enregistrés doivent remplir annuellement — une version simplifiée a été conçue et sera disponible au début de 2003;
  • donner au public un meilleur accès à l’information et améliorer la transparence des activités de réglementation;
    Ce que les Canadiens ont dit

    Dans le cadre de l’Enquête canadienne sur le don, le bénévolat et la participation, effectué par la firme de recherche EKOS à l’été 2002, des leaders d’opinion et des citoyens ont déclaré ce qui suit :

    - Le secteur bénévole et communautaire est mieux placé que le gouvernement et le secteur privé pour répondre aux besoins sociaux, avoir un comportement éthique et offrir des services de qualité (selon plus de la moitié des répondants).
    - Le secteur bénévole et communautaire devrait participer davantage à l’établissement des politiques et des programmes publics (selon 61 % des leaders d’opinion et 41 % des citoyens consultés).
    - Dans 10 ans, le secteur bénévole et communautaire aura une plus grande influence dans la vie des Canadiens (selon 64 % des leaders d’opinion et 54 % des citoyens consultés.)

    « Positionner le secteur bénévole et communautaire au Canada : opinion de l’élite et du public »


  • étudier de nouveaux modèles institutionnels et évaluer le besoin d’apporter des changements aux règlements et aux lois régissant les organismes de bienfaisance;
  • prévoir des sanctions moins sévères en vertu de la Loi de l’impôt sur le revenu afin que la radiation ne soit pas la seule sanction donnée aux organismes bénévoles et communautaires contrevenants;
  • améliorer le processus d’appel en mettant en œuvre une procédure d’examen à l’interne.

Une démarche distincte a été menée parallèlement dans le but d’examiner des modifications à la Loi sur les corporations canadiennes. Des recommandations ont été formulées concernant la responsabilité des administrateurs, ce qui pourrait toucher les bénévoles siégeant aux conseils d’administration.

Une meilleure relation financière

Tant le gouvernement que le secteur bénévole et communautaire reconnaissent le besoin de rehausser la clarté, la cohérence et la transparence de leur relation financière. La Stratégie fédérale sur les pratiques et les politiques de financement, élaborée par le Secrétariat du Conseil du Trésor et parrainée par l’ISBC, propose des solutions innovatrices aux contraintes et aux obstacles dans le processus de financement.

Une de ces solutions est l’approche en matière d’investissement stratégique, qui incite les ministères et organismes à avoir recours aux mécanismes de financement actuels afin de faire des investissements ciblés dans les organismes partenaires du secteur dans des domaines comme la gouvernance, la gestion, l’information du public, et la gestion et les technologies de l’information. Déjà utilisée par certains ministères, cette approche est conçue pour améliorer la capacité des organismes à offrir des programmes et des services et à participer au processus d’élaboration des politiques.

Connaissance accrue du secteur

Apporter une contribution significative aux activités du secteur se traduit par une connaissance accrue des gens et des organismes qui le constituent de même que de leurs modes de fonctionnement. Les trois outils de statistiques énoncés ci-après aideront à constituer une banque de données sur le secteur.

  • L’Enquête canadienne sur le don, le bénévolat et la participation, effectuée tous les trois ans, permettra de suivre le progrès et les tendances sur différents plans (bénévolat, activités de bienfaisance et participation communautaire.)
  • Un compte satellite permettra de recueillir l’information sur la contribution du secteur à l’économie canadienne, en particulier sur les revenus, les dépenses, les projets d’investissement, les actifs, les passifs et la valeur nette.
  • Les résultats de l’Enquête nationale auprès des organismes à but non lucratif et des organismes bénévoles devraient normalement être disponibles en 2004. Ce sondage permettra de recueillir des données complètes sur l’envergure du secteur au Canada, le genre d’organismes qu’il réunit et les services fournis tout en présentant une analyse des domaines où les organismes pourraient accroître leurs moyens d’action.

L’information ainsi recueillie servira d’assise solide au gouvernement et au secteur pour élaborer, gérer et évaluer les programmes liés au secteur.

Une meilleure reconnaissance du rôle joué par le secteur bénévole et communautaire
C'est notre culture

Le secteur bénévole et communautaire autochtone est actif dans les collectivités autochtones et non autochtones à travers le pays. Le Groupe de référence autochtone a produit un film vidéo (Le bénévolat : C’est notre culture) sur les traditions culturelles et les vues autochtones sur le bénévolat.

Beaucoup de Canadiens et de Canadiennes connaissent mal le rôle du secteur dans leur quotidien. Pourtant, ses 180 000 organismes emploient plus d’un million de citoyens, mobilisent un plus grand nombre encore de bénévoles et contribuent énormément à la vie économique et sociale.

Pour mieux faire connaître le rôle essentiel joué par le secteur, des représentants de celui-ci et du gouvernement fédéral travaillent de concert, d’après les précisions fournies par des bénévoles et des organisations à travers le Canada, à une campagne pancanadienne de sensibilisation quant au rôle et aux contributions du secteur s’adressant à divers auditoires, qui doit être lancée à l’automne 2003.

Un soutien accru pour le bénévolat

Plus de 6,5 millions de bénévoles consacrent temps, énergie et compétences pour soutenir les organisations bénévoles et communautaires qui s’emploient à faire du Canada un endroit où il fait bon vivre. Toutefois, ces ressources bénévoles s’amenuisent. Selon l’Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation, le nombre de Canadiens et de Canadiennes qui faisaient du bénévolat en 2000 avait diminué de 13 % par rapport à 1997, ce qui équivaut à une perte de 29 000 emplois à temps plein. De plus, seulement 7 % de la population canadienne déploie près des trois quarts de l’effort bénévole. Manifestement, pour que le secteur puisse soutenir et accroître son action, il doit augmenter et élargir le bassin de bénévoles.

Un tremplin unique pour les initiatives de l’ISBC, l’Année internationale des volontaires (AIV) a permis de souligner d’un bout à l’autre du pays la contribution inestimable des bénévoles. Les organisateurs ont profité de l’immense publicité entourant l’événement en lançant une foule d’initiatives, par exemple une vaste campagne de marketing social, un programme de certification en ligne en gestion des ressources bénévoles et une aide à la formation de partenariats.

S’appuyant sur l’élan donné et les réalisations de l’AIV, l’ISBC a cerné certains des défis à relever quant au recrutement, à la fidélisation, au soutien et à la reconnaissance des bénévoles. Force est de constater qu’on peut faire beaucoup pour aider les organismes bénévoles et communautaires à administrer leurs ressources ainsi qu’à attirer des bénévoles et à les fidéliser.

L’Initiative canadienne sur le bénévolat (qui s’appelait avant Initiative nationale sur le bénévolat) vise justement à relever ces défis. Trois centres nationaux viendront assurer le leadership, les ressources et l’appui nécessaires dans différents domaines, p. ex. information, renforcement des moyens d’action et sensibilisation; soutien communautaire; et acquisition de connaissances. Pour assurer un impact maximum au niveau local, 13 réseaux — un dans chaque province et territoire — établiront les besoins et priorités dans leur région et conseilleront les centres sur la conception et l’exécution des programmes.

Un processus innovateur, inclusif

Certaines des retombées — et leçons — les plus viables de l’ISBC sont le fruit de son approche innovatrice. Une gouvernance conjointe, une structure hiérarchique souple et un processus général et inclusif sont tous des facteurs qui ont contribué au caractère unique de l’ISBC ainsi qu’à ses résultats.

Travailler conjointement
Dans l’esprit du processus conjoint qui a débouché sur Travailler ensemble, un nombre égal de représentants du gouvernement et du secteur se sont attachés aux priorités établies au sein de six groupes de travail conjoints ou « tables conjointes » et le comité de coordination conjoint, coprésidés par les deux secteurs. Les représentants étaient sélectionnés selon leur expérience, leur expertise et leur engagement. Du côté du secteur, un comité indépendant a choisi 65 membres parmi 1 000 candidatures proposées par des organisations nationales et locales à l’échelle du pays. Les représentants du gouvernement étaient des hauts fonctionnaires (tous, sauf un, situés dans la région de la capitale nationale), certains ayant longtemps collaboré avec le secteur dans divers programmes — sociaux et autres — et d’autres apportant un point de vue neuf aux discussions.

L’ISBC était unique parce que les deux secteurs — par le truchement des tables — travaillaient ensemble en terrain presque inconnu. Aucun n’avait encore essayé de lancer un processus conjoint dans un environnement aussi complexe et comptant autant d’intérêts disparates et parfois contradictoires. Fortes du vaste mandat que leur avait confié le gouvernement fédéral, les tables conjointes ont travaillé de leur côté, lançant une vaste gamme de processus et de produits avant-gardistes afin d’atteindre leurs objectifs.

On s’entend pour dire que le processus des tables conjointes au cours des deux dernières années et demi a permis aux représentants des deux secteurs de démontrer leur engagement, de collaborer et d’aborder des questions difficiles avec un esprit ouvert et dans le respect. Le processus a été une sorte de microcosme de la vaste relation de travail entre les deux secteurs, renforçant la possibilité d’une collaboration fructueuse dans des dossiers complexes.

Par ailleurs, le processus a aussi fait ressortir certaines différences fondamentales entre les secteurs, surtout en ce qui a trait à leur culture et à leur façon de travailler. Bureaucratique et hiérarchique, la culture du gouvernement fédéral est fortement axée sur le respect des délais et les résultats. Cette culture est parfois en contradiction avec celle du secteur qui a, pour sa part, une structure égalitaire, une composition diversifiée et une approche fondée sur le consensus. À cause de ces différences, les tables ont souvent dû déployer beaucoup d’énergie au début pour établir une relation et un climat de confiance, ainsi que pour tenir le même langage et avoir une compréhension commune des objectifs. Les participants des deux secteurs ont finalement tiré profit du processus, appréciant mieux les contraintes inhérentes de la culture, des structures et des processus de part et d’autre.

Structure et responsabilité
L’une des conséquences — et des exigences — de travailler en terrain inconnu est la nécessité d’être flexible, de s’adapter aux circonstances. Étant l’organe chargé d’orienter et de surveiller l’ISBC, le Comité de coordination conjoint (CCC) avait pour tâche d’assurer une coordination et une reddition de comptes efficaces tout en soutenant les efforts déployés par les diverses tables. Durant les 30 premiers mois de l’ISBC, l’équilibre a changé de façon subtile, mais perceptible.

À la fin de la première année de l’ISBC, il était devenu de plus en plus évident que même si les tables conjointes s’étaient approchées des buts fixés, il y avait, à cause de mandats et de structures hiérarchiques mal définis, certains chevauchements et inefficacités. Le CCC, à qui on n’avait donné qu’un rôle « souple » et quelques leviers de contrôle financier généraux sans aucune possibilité de réaffecter les fonds, a réagi en établissant une vision stratégique globale pour le travail des tables conjointes et une série de résultats concrets pour évaluer les progrès réalisés. De même, le CCC a abordé plusieurs thèmes transversaux, par exemple communication, consultation et recherche, et a mis en place un système de suivi des progrès accomplis par les diverses tables.

En fin de compte, l’expérience de l’ISBC a souligné l’importance de jeter une base suffisamment solide, et de donner une orientation claire sur différents plans (mandat, objectifs, hiérarchie et responsabilités). La clarté ici est nécessaire afin de promouvoir efficacité et efficience, de même que pour éviter tout malentendu en ce qui concerne la responsabilité. Cela implique la communication claire des responsabilités fédérales et des mécanismes d’équilibre qui exigent que les ententes liant le gouvernement du Canada, par exemple l’Accord et les codes de bonnes pratiques, soient approuvées par les organismes centraux fédéraux. À plusieurs étapes clés, les mauvaises perceptions concernant le pouvoir des tables conjointes de parler au nom du gouvernement dans son ensemble auraient pu compromettre le processus.

Une grande portée
Une autre caractéristique — et force — de l’ISBC était sa représentativité. Le gouvernement et le secteur bénévole et communautaire ont travaillé fort pour assurer la participation de divers acteurs. Pour le gouvernement, le but était de promouvoir l’ISBC auprès du plus large auditoire possible par l’entremise, entre autres, de comités interministériels de cadres supérieurs — par exemple, le Comité exécutif des SMA et le Comité consultatif des SMA — et les groupes de travail interministériels sur les communications et les politiques. L’ISBC a aussi favorisé la participation des sous-ministres dans le cadre de présentations et d’annonces régulières concernant les progrès de l’ISBC. Pour promouvoir davantage l’horizontalité, des services de soutien ont été offerts à l’ISBC par le Bureau du Conseil privé, l’un des organismes centraux fédéraux. De même, des représentants de plusieurs ministères et organismes ont été invités à fournir idées et conseils dans le cadre de consultations et de séances de travail organisées par chaque table conjointe.

Du côté du secteur bénévole et communautaire, la majorité des tables conjointes ont tenu de vastes consultations locales afin de favoriser la participation de groupes et d’organismes bénévoles et communautaires de toutes les régions du pays. Tout n’allait pas forcément de soi puisque le secteur compte plus de 180 000 organisations dont la taille et la composition varient, des organismes locaux jusqu’aux organismes d’envergure nationale comme les organismes-cadres, en passant par les associations communautaires, les clubs philanthropiques, les coalitions de défense des droits des exclus, les banques alimentaires, les foyers, les maisons de transition, les orchestres symphoniques et les clubs sportifs locaux.

L’un des buts de l’ISBC était de veiller à ce que ces multiples voix disparates puissent être entendues. Les groupes sous-représentés, dont les minorités visibles, les Autochtones et les regroupements de femmes, étaient préoccupés par leur manque de participation à l’ISBC. Le Secrétariat de l’ISBC a tenu des consultations auprès des petits organismes et a rédigé un document sur les défis qui leur sont propres. Il a également commandé un travail de recherche sur les questions de genre dans le secteur bénévole et communautaire. Le Groupe de référence national des minorités visibles et le Groupe de référence autochtone ont été créés pour donner voix à deux des groupes sous-représentés. Ils ont fourni vues et idées sur des points clés au cours du processus.

Plus de 140 séances de mobilisation et consultations sur des thèmes tels que l’Accord et les codes de bonnes pratiques, le cadre réglementaire et la sensibilisation ont eu lieu dans 40 villes du Canada durant les 30 premiers mois d’existence de l’ISBC. Ces rencontres, qui ont été un excellent moyen pour consolider le sentiment d’identité du secteur, ont permis de promouvoir la cohésion et de forger justement une identité parmi les organismes bénévoles et communautaires, et ont montré le pouvoir de collaboration comme outil aidant à atteindre des buts communs. De plus, le processus a contribué à promouvoir l’inclusion en validant et en confortant la diversité du secteur. Pendant que l’ISBC se poursuit, les coalitions et les réseaux émergents du secteur joueront indubitablement un rôle actif pour faire avancer un plan d’action solide et cohérent.

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Dernière mise à jour le: 2012-05-21