Annexe B :
Analyse des répercussions sur le bénévolat de l'Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation
I. INTRODUCTION
Objectif et contexte
Sont exposés dans ce qui suit certains points forts qui se dégagent d'une analyse comparative des résultats obtenus au cours de l'Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation (l'ENDBP) menée en 1997 et en 2000. L'ENDBP qui a été réalisée par Statistique Canada, en complément de l'Enquête sur la population active au Canada, couvrait un échantillon représentatif de
l4 724 Canadiens, âgés de 15 ans et plus. Le taux de réponse a été de 63 %.
Les points forts retenus dans ce rapport analytique se rattachent aux questionnements sur les orientations que pourrait se donner l'action bénévole et communautaire au Canada. L'objectif est d'aider à déterminer quels champs stratégiques et politiques pourraient être d'intérêt pour l'Initiative nationale sur le bénévolat laquelle cherche quelles mesures adopter pour promouvoir l'engagement efficace des bénévoles au Canada et l'aide qui leur est fournie. Ces mesures seraient intégrées à l'Initiative sur le secteur bénévole et communautaire (l'ISBC), action plus large menée conjointement par le gouvernement et le secteur bénévole et communautaire au Canada.
Utilisant la même méthodologie, les questions contenues dans les enquêtes de 1997 et de 2000 portaient sur la proportion des Canadiens qui s'engagent dans le bénévolat (taux de bénévolat), le nombre de bénévoles, leur contribution en heures, la répartition de la " charge de travail " et les facteurs qui les poussent à s'engager et qu'ils associent au bénévolat (adhésion religieuse) ou encore qui freinent leur engagement. Les questions de l'enquête établissaient des distinctions entre les bénévoles selon certaines caractéristiques (âge, sexe, état matrimonial, instruction, type d'emploi et revenu du ménage) et répartissaient les données selon le profil de chaque province.
L'ENDBP a fourni des instantanés sur l'état du bénévolat qui permettent de déterminer quels problèmes et quels domaines permettraient de mener une recherche plus approfondie.
Points saillants des résultats clés
L'enquête démontre, sans risque d'erreur, que le bénévolat a diminué de façon appréciable entre 1997 et 2000 et ce, pour chacune des variables importantes. La proportion et le nombre de bénévoles, le nombre d'heures qu'ils ont consacrées à ces activités ont diminué depuis 1997. On observe un déclin évident chez les hommes et chez les femmes, quel que soit leur âge, leur état matrimonial, leur degré d'instruction, leur type d'emploi et le niveau de revenu du ménage. Le bénévolat a diminué dans toutes les provinces, sauf à l'Île-du-Prince-Édouard, qui a connu une légère augmentation. Bien que le nombre d'heures consacrées au bénévolat ait diminué de 5 %, le pourcentage de Canadiens (7 %) qui font 73 % des heures avaient augmenté le nombre d'heures de bénévolat qu'ils font en moyenne chaque année.
Alors que le bénévolat a diminué, l'enquête a révélé que les contributions financières à des organismes de charité avaient augmenté de 11 %. Au premier coup d'œil, on pourrait être tenté de croire qu'il s'est produit un transfert avantageux et que cette augmentation des dons a compensé pour la diminution des services bénévoles. Toutefois, on ne sait pas si, de fait, cette augmentation des dons a fait diminuer les besoins en services bénévoles dans certains des secteurs ou pour certains organismes, par exemple, si ceux-ci ont pu engager plus de personnel rémunéré. On ne sait pas non plus si ladite augmentation a permis à ces secteurs ou à ces organismes de recruter plus de bénévoles qu'ils ne l'auraient fait autrement, ce qui signifie que, sans ces dons, le taux de bénévolat aurait pu être encore plus bas que ne le révèlent les résultats de l'année 2000.
Note sur la fiabilité des résultats de l'ENDBP
De nombreux participants aux consultations de la Table ronde conjointe ont reconnu que les résultats de l'enquête nationale (ENDBP) rendaient compte de la situation qui prévalait dans leur organisme. Cependant, quelques participants se sont demandé si la méthodologie, ou tout autre facteur, pouvait avoir exagéré le déclin de la participation volontaire. D'autres encore se sont demandé si l'enquête de 1997, menée alors que le chômage était plus élevé qu'en l'an 2000 (alors que les gens avaient, pouvait-on supposer, plus de temps à consacrer au travail bénévole), pouvait avoir capté un degré de participation plus élevé qu'à l'ordinaire. D'autres encore se sont interrogés sur la possibilité que d'autres causes aient causé une exagération du problème.
Toute enquête comporte des limites méthodologiques de même que quelques erreurs. Celles-ci peuvent amener à exagérer ou à sous-estimer une situation donnée. Il faut, cependant, faire remarquer que, même si dans l'enquête de l'année 2000 le déclin du nombre de Canadiens engagés dans le bénévolat était exagéré de 20 % - niveau d'erreur sans précédent - il y en aurait quand même 800 000 de moins qu'en 1997. Par ailleurs, si le déclin de ce nombre était sous-estimé par 20 %, il serait alors de
1,2 million. Dans un cas comme dans l'autre, le déclin de la participation bénévole, sur une aussi courte période, est majeur, affirmation que vient renforcer le fait que cette diminution des bénévoles s'est produite parmi tous les groupes de Canadiens et dans presque toutes les provinces.
II. ANALYSE DE FACTEURS PARTICULIERS ET DES TENDANCES
Taux de bénévolat
- Le taux national de bénévolat - la proportion de ceux parmi la population canadienne âgée de 15 ans et plus qui participaient bénévolement à au moins une activité au cours de l'année précédant l'enquête - est passée de 31,4 % en 1997 à 26,7 % en 2000. Cette diminution représente une baisse de 15 % du taux de bénévolat pour cette période de trois ans.
- Entre 1997 et 2000, le taux de bénévolat a diminué indépendamment de l'âge, du sexe, de l'état matrimonial, du degré d'instruction, du niveau d'emploi et de revenu.
- Il s'est produit, en chiffres absolus ou en proportion, des diminutions évidentes des taux de bénévolat dans les châteaux forts du bénévolat. Par exemple, dans les cinq groupes de population qui affichaient les plus hauts taux en 1997* la diminution proportionnelle des taux de bénévolat s'est établie entre 13 % et 25 % durant trois années, le dernier pourcentage étant presque le double de la diminution moyenne nationale.