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Trousse d'outils pour le financement de la technologie : outils pratiques pour le financement de la technologie dans le secteur bénévole et communautaire au Canada2. Financement stratégique de la technologieObjectif : Décrire les méthodes utilisées par les bailleurs de fonds canadiens pour intégrer le financement de la technologie à leurs politiques de financement et l’effet de leur action sur le secteur bénévole et communautaire. Pour exploiter le potentiel de l’informatique et d’Internet, le secteur bénévole et communautaire doit s’ouvrir à de nouvelles idées et posséder une vision de l’avenir, mais il doit aussi disposer des fonds nécessaires. Les études de cas qui suivent dressent le portrait de cinq organismes de financement canadiens ayant fait leurs preuves en matière de financement de la technologie. Ces bailleurs de fonds reconnaissent tous l’importance des outils technologiques de base et l’énorme potentiel des projets stratégiques de pointe. Ils comprennent aussi que le financement efficace de la technologie exige souvent au préalable certains changements de culture et d’orientation. La Fondation Muttart La Fondation Muttart subventionne des organismes de services sociaux en Alberta, en Saskatchewan, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, en particulier ceux qui s’occupent des jeunes et des enfants. Elle s’est également engagée depuis quelques années dans des programmes visant à élargir la capacité du secteur philanthropique. La Fondation s’intéresse au financement global des organismes sous tous ses aspects, des axes de programmation aux structures organisationnelles. « Nous souhaitons mettre sur pied des organismes bien structurés, et la technologie doit jouer un rôle pour y parvenir », déclare son directeur général Bob Wyatt. Depuis 1992, la Fondation Muttart accorde des fonds pour l’achat d’ordinateurs et de logiciels et pour les services d’informatique. En 1999, la Fondation a commencé à financer la technologie de façon encore plus soutenue. Elle s’est alors associée à un autre bailleur de fonds dans le but d’élargir les ressources mises à la disposition des organismes pour assurer le passage à l’an 2000 et régler d’autres problèmes de mises à niveau. Au même moment, elle a embauché Chris Burcell, un « coureur électronique » et expert itinérant en informatique. Ce dernier avait pour tâche de conseiller les bénéficiaires et, à l’occasion, de mettre la main à la pâte et de participer au transfert technologique. Grâce à ce mariage judicieux des ressources et des compétences, la Fondation Muttart a démontré maintes et maintes fois qu’investir dans la capacité technologique des organismes pouvait porter fruit, et pour longtemps. La Camrose Association for Community Living en est un bon exemple. Cet organisme emploie plus de 50 personnes réparties dans neuf bureaux différents. Auparavant, chaque fois qu’un employé ou un bénévole voulait mettre à jour le dossier d’un client, il devait se déplacer d’un ordinateur à l’autre, disquettes en main. Cette méthode de travail coûtait cher et entravait l’amélioration des services, si bien que la Fondation Muttart et la Camrose Association décidèrent de concevoir un « plan d’aménagement technologique ». L’association a reçu une subvention de base de 200 000 $ pour mettre son matériel à niveau, ainsi que le financement nécessaire pour moderniser son système informatique et ses logiciels. De plus, Chris Burcell, de la Fondation Muttart, a travaillé avec le nouveau technicien pour installer tout le réseau en un seul week-end. Il s’est présenté à 17 heures le vendredi et dès 9 heures le lundi suivant, le réseau était en place et fonctionnel. Il est resté sur les lieux deux jours de plus pour régler les derniers problèmes. Cette démarche a non seulement permis de relier les ordinateurs de l’association rapidement, elle a aussi amélioré sa capacité technologique de façon durable. Grâce à l’aide de Chris, le nouveau technicien a reçu une formation précieuse et sait maintenant entretenir le réseau sans assistance. À l’origine, la Camrose Association avait obtenu cette subvention à condition d’établir un fonds de réserve destiné à la technologie qui lui éviterait d’avoir à demander d’autres fonds à la Fondation Muttart pour les mises à niveau. L’idée consistait donc à assurer la « durabilité technologique » de l’organisme, en quelque sorte. Trois ans plus tard, ce fonds de réserve est en place et l’association assure maintenant le salaire de son technicien grâce à la subvention de départ. M. Wyatt estime que la plupart des organismes du secteur bénévole et communautaire devront atteindre la même capacité technologique que la Camrose Association. « La technologie est désormais un outil indispensable. Les organismes bénévoles doivent être capables de consulter et d’archiver des données le plus rapidement possible; plusieurs bailleurs de fonds insistent même pour qu’ils transmettent leurs demandes par voie électronique. Dans ce cadre, ceux-ci ont tous une responsabilité à assumer à l’égard des organismes qu’ils subventionnent : ils doivent relever la barre en matière de technologie. » Centraide Halifax Centraide Halifax est l’un des 125 membres du réseau United Way Canada-Centraide Canada. Cet organisme a connu des succès remarquables en matière de financement de la technologie et son personnel reconnaît que l’informatique et Internet sont des outils indispensables pour la plupart des organismes du secteur bénévole et communautaire. Selon Peter Mortimer, directeur des ressources communautaires, « tous les organismes ont maintenant besoin de ces outils pour mener leurs activités, un point, c’est tout. » Fait intéressant, Centraide Halifax n’a pas toujours été réceptif envers la technologie. En effet, l’organisme avait imposé au début des années 1990 des restrictions drastiques en matière d’achat d’équipement, ordinateurs y compris. En conséquence, les organismes financés par Centraide ne pouvaient pas utiliser les fonds qu’ils recevaient pour se doter d’une infrastructure informatique. Au milieu des années 1990, une restructuration de la politique de financement a entraîné des changements : Centraide Halifax a alors adopté une stratégie qui donnait aux organismes une marge de manœuvre plus large qu’auparavant. Dorénavant, les fonds sont destinés à des programmes précis; afin d’en assurer le succès, les organismes ont carte blanche pour décider comment dépenser les sommes reçues – y compris en les affectant à la technologie. Le financement accordé par Centraide Halifax sert désormais à l’achat d’ordinateurs, à l’accès à Internet et aux services virtuels. Selon Peter Mortimer, ces investissements n’ont pas uniquement permis aux organismes de fonctionner de façon efficace : « Dans certains cas, la technologie aide les organismes à mieux remplir leur mission. Par exemple, l’un d’eux a instauré un site public d’accès à Internet afin d’intensifier ses liens avec la population, concrétisant ainsi sa politique de libre accès. » Peter Mortimer estime que les bailleurs de fonds doivent promouvoir la technologie et démontrer le potentiel stratégique des outils informatiques comme Internet. « Plutôt que de photocopier les rapports de recherche que je destine aux organismes, je dirige ces derniers vers les sites Web pertinents. De cette façon, ils tombent souvent par hasard sur plein d’autres documents, ce qui stimule de nouvelles idées et de nouvelles approches. » L’exemple de M. Mortimer démontre clairement que soutenir la technologie n’est pas seulement une affaire d’argent. La Fondation Maytree La Fondation Maytree cherche à atteindre ses objectifs en choisissant et en appuyant des idées, des meneurs ou des organismes susceptibles de changer les choses et de faire progresser le bien commun. Elle offre aux organismes des subventions axées sur le renforcement des capacités et accepte d’étudier les demandes de financement qui intègrent la technologie à l’ensemble de leurs objectifs. Ce bailleur de fonds soutient activement le renforcement des capacités; bien qu’il soit réticent au financement des biens d’équipement, il accepte de considérer les investissements stratégiques visant à renforcer la capacité des organismes à :
Avec deux autres bailleurs de fonds (Centraide et la Fondation Trillium de l’Ontario), la Fondation Maytree s’est engagée à mettre au point d’ici trois ans un outil d’autoévaluation destiné aux organismes qui sera axé sur les pratiques exemplaires en matière de prestation des programmes. Un des volets de cette autoévaluation visera à analyser l’usage que font les organismes de la technologie au regard de leur mission, dans l’optique de réorienter au besoin leur politique à cet effet. La Fondation souhaite ainsi contribuer à la création d’organismes solides et performants, pour lesquels mission et technologie ne font qu’un. La Fondation George Cedric Metcalf La Fondation George Cedric Metcalf s’intéresse depuis longtemps au renforcement de la capacité des organismes à but non lucratif. Par l’intermédiaire de ses trois programmes, elle appuie les projets en ce sens, que leur champ d’action soit individuel, organisationnel ou sectoriel. Parce qu’elle est consciente du rôle essentiel que peut jouer la technologie pour les organismes dans la poursuite de leur mission, la Fondation Metcalf est plus que disposée à appuyer ce type d’investissement. Lorsqu’elle a lancé son Programme pour l’environnement en 2002, la Fondation Metcalf avait choisi comme élément central le renforcement des capacités, afin « d’aider les groupes environnementaux à élargir la portée de leur action. » Un des volets du programme consistait en un « guichet de subventions modestes pour financer de petits projets touchant l’infrastructure en matière de communication (ordinateurs et télécopieurs), des besoins de formation spécifiques ou le soutien technique à petite échelle (création de sites Web). » Son but était de fournir des fonds dans les plus brefs délais, dont le montant serait choisi par le demandeur. Contre toute attente, aucun organisme n’a choisi de participer à ce volet. La Fondation n’a pas réussi à établir de raison précise expliquant ce choix, mais elle en a tout de même avancé quelques-unes : des objectifs prioritaires concurrents; la possibilité d’obtenir une subvention plus généreuse en sollicitant une somme globale plus importante; le fait d’ignorer l’existence du guichet de subventions. Suite à la réévaluation de l’ensemble de son programme de renforcement des capacités, la Fondation a supprimé cette catégorie de financement et l’a intégrée à d’autres volets, notamment au programme Southern Landscapes and Northern Forests. En modifiant ainsi son approche, la Fondation reconnaissait que le financement de la technologie et des moyens de communication ne doit pas être envisagé séparément mais bien comme un aspect essentiel du renforcement des capacités. La Fondation a donc adopté une perspective intégrée et stratégique qui permettra à ses bénéficiaires de faire avancer leurs objectifs, tout en répondant à ses propres intérêts. Voici un exemple tiré des directives du programme Southern Landscapes : « La Fondation s’engage aussi à appuyer un certain nombre d’organismes pour une période triennale, au cours de laquelle ils entreprendront des projets stratégiques pour élargir la portée de leur action dans les régions méridionales. Ce financement pour le renforcement des capacités vise à aider les organismes à saisir toutes les occasions favorables et à trouver des solutions aux problèmes chroniques ou aux contraintes qui entravent leurs efforts de préservation de la biodiversité le long de notre frontière méridionale. La Fondation a l’intention d’aider les organismes à mettre en œuvre un plan d’action triennal qu’il leur serait normalement impossible de réaliser dans les limites du cadre budgétaire habituel. » Il est possible pour les bénéficiaires d’intégrer à leur demande de subvention des projets à caractère technologique destinés à faire progresser leurs objectifs stratégiques. À cet égard, une subvention récemment accordée au Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick (CCNB) met la technologie au premier plan. Le CCNB avait proposé de lancer une campagne triennale dans le but « d’élargir sa base et d’intensifier ses efforts de sensibilisation. » Le plan proposait d’améliorer les communications, la promotion et la formation des employés, mais on savait dès le départ que le succès de l’entreprise reposait sur la mise en place d’une infrastructure de base. « Des restrictions budgétaires chroniques ont empêché le CCNB d’acquérir et d’utiliser pleinement les outils nécessaires pour faciliter les communications et améliorer l’efficacité du personnel. » Après avoir reçu sa subvention, le CCNB a embauché un responsable des technologies de l’information. Ce dernier a acheté du matériel, effectué des mises à niveau, lancé un service d’écomessages pour communiquer avec les membres, mis au point des protocoles de recensement et d’archivage des données et offert une formation sommaire aux employés, aux membres du conseil d’administration et aux bénévoles. On prévoit également créer un site Web, implanter un système d’information géographique (SIG) et continuer à offrir des ateliers de formation sur les outils technologiques, pour ne nommer que ces projets. La subvention triennale accordée au CCNB pour le renforcement de ses capacités servira « à assurer que tous possèdent les outils, la formation, le soutien et l’expérience nécessaires pour poursuivre les objectifs fixés, soit la formation et le changement de politique en matière de biodiversité. » La Fondation Trillium de l’Ontario La Fondation Trillium de l’Ontario (FTO) est un organisme du ministère de la Culture; elle reçoit chaque année 100 millions de dollars provenant des casinos de bienfaisance de la province, ce qui en fait l’un des fonds de bienfaisance les mieux dotés au Canada. La Fondation Trillium collabore avec d’autres organismes pour réaliser des investissements stratégiques favorables à l’épanouissement de collectivités saines, solidaires et économiquement viables en Ontario. Elle offre trois types de subventions :
La FTO accorde des subventions spécifiques pour l’acquisition de biens, y compris de matériel informatique, mais elle accepte aussi d’en financer l’achat dans le cadre de subventions de projets ou de fonctionnement. Le cas du Partenariat canadien pour la santé des enfants et de l’environnement (PCSEE) fournit un exemple des pratiques innovatrices de la FTO : celle-ci a financé le réseau d’échange de renseignements de l’organisme, son portail PCSEE, son Secrétariat, un programme d’ateliers à l’échelle de la province et une stratégie en matière de communication et de promotion de la santé.
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| Dernière mise à jour le: 2012-02-08 | |