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Motivation en situation difficile : problèmes des femmes dans le secteur bénévole au canada

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INTRODUCTION
Dans le secteur bénévole, indubitablement l'un des piliers de la société canadienne, les femmes forment une large proportion du personnel et des bénévoles. Une enquête de Développement des ressources humaines Canada (DRHC) datant de 1996 révèle qu'en 1994 et 1995, les organisations sans but lucratif ont fourni 1,6 million d'emplois1. Même si les renseignements concernant le secteur bénévole sont incomplets, il apparaît qu'entre 50 et 75 % des employés du secteur sans but lucratif sont des femmes2, de même que 54 % des bénévoles, les proportions étant encore plus grandes si l'on inclut les activités bénévoles non officielles.

Comme presque partout au monde, le fonctionnement de la société canadienne engendre une discrimination fondée sur le sexe. Ainsi, il arrive souvent que les femmes et les filles ne reçoivent pas une part équitable des avantages et possibilités par rapport à leurs efforts et contributions3. Des données récentes sur les revenus au Canada révèlent que :

  • Le taux de pauvreté est de 20 % pour l'ensemble des femmes, de 37 % chez les femmes de couleur et de 43 % chez les femmes autochtones.

  • Les femmes vivant en couple et ayant des enfants de moins de 16 ans ont un revenu médian de 13 153 $, soit 48 % de celui de leur partenaire :

  • Les femmes âgées entre 45 et 64 ans ne gagnent que 51 % de ce que gagnent leurs homologues masculins, leur revenu net médian n'étant que de 14 779 $. Comme le revenu de retraite est proportionnel aux gains de toute la vie, on peut en déduire qu'elles courent un plus grand risque de pauvreté à la retraite.

  • Les femmes dans la région atlantique ont le revenu net médian le plus faible au Canada, soit 11 235 $4.

La forte proportion de femmes travaillant dans le secteur bénévole, plus les réductions dans le financement de base du secteur, l'augmentation des besoins de la clientèle et des exigences en matière de rapports, et la place de plus en plus importante tenue par les contrats de service avec le gouvernement font que les inégalités basées sur le sexe préoccupent de plus en plus l'Initiative du secteur bénévole et communautaire (ISBC) dont le mandat consiste à renforcer la capacité du secteur et à améliorer ses relations avec le gouvernement fédéral. Pour progresser en ce sens, le secrétariat de l'ISBC a commandé un mémoire de recherche qui doit cerner les problèmes auxquels font face les bénévoles et les employées rémunérées de sexe féminin du secteur bénévole et communautaire, et qui doit aussi préciser les domaines où les recherches font défaut et formuler des recommandations susceptibles de mener à une plus grande égalité entre les sexes.

Comme l'ont constaté d'autres chercheurs, les données portant sur les tendances de l'emploi dans le secteur bénévole sont nébuleuses, non seulement au sujet des caractéristiques des travailleurs (âge, sexe, niveau d'instruction ou type d'emploi occupé), mais également à propos des questions fondamentales touchant le nombre de personnes travaillant dans le secteur et leurs conditions de travail, sans parler des besoins de ces travailleurs et de leurs organismes.

On a plus de données sur le bénévolat non rémunéré, ses motivations, la contribution des bénévoles à différents secteurs comme l'éducation ou les services sociaux et de santé, et sur les tensions survenant, au sein des organismes, entre le personnel rémunéré et les bénévoles, et notre étude en tient compte.

MÉTHODOLOGIE
Dans un premier temps, nous avons passé en revue les bases de données universitaires où nous avons trouvé plusieurs documents (dont la moitié sont antérieurs à 1990) portant principalement sur les bénévoles, plutôt que sur le personnel rémunéré. Nous avons également consulté la bibliothèque de Condition féminine Canada (CFC) et celle du Centre d'éducation des adultes et de la condition féminine (CDEACF). Nous avons envoyé des invitations par courriel en utilisant le PAR-L (un serveur de listes utilisé par les universitaires et les militantes féministes) ainsi que le serveur de liste du CDEACF. Nous avons fouillé plusieurs sites Web dont celui des Centres of Excellence on Women's Health, de Metropolis Canada (pour avoir des recherches comparatives et l'évolution de la politique officielle sur les mouvements de la population, la diversité culturelle et les défis que pose l'intégration des immigrants dans les grandes villes au Canada), et ceux du Centre canadien de philanthropie et du Internet Nonprofit Center. Le secrétariat de l'SBC nous a également fourni d'utiles documents et des liens avec des sites du secteur bénévole.

D'autre part, nous avons consulté ou interviewé 15 personnalités éminentes du secteur bénévole sélectionnées par le secrétariat de l'ISBC et l'équipe de recherche (voir en Annexe A la liste de ces répondants et en Annexe C le guide d'entrevue). Ces entrevues nous ont apporté de précieux renseignements sur l'importance de l'engagement des femmes dans le secteur bénévole, sur les mobiles qui poussent les femmes à s'engager, sur la division du travail selon le sexe, sut les inégalités basées sur le sexe et sur d'autres facteurs comme la race ou une incapacité, les obstacles à la participation et les mesures recommandées.

LIMITES
Il n'a pas été possible, dans les délais impartis, de trouver et de passer en revue tout ce qui a été écrit au Canada sur les sexes dans le secteur bénévole. Statistique Canada, par exemple, possède de nombreuses données provenant de l'enquête de 1997 sur la main-d'œuvre, mais n'a pas publié de rapport spécifique sur la répartition hommes/femmes dans le bénévolat, comme cela avait été fait en 1987. Il aurait été possible d'extraire ces données, mais pas dans les limites de temps de notre travail. Même si nous savons que l'écart s'est resserré en ce qui concerne la représentation hommes/femmes dans certains domaines de bénévolat et certaines fonctions du personnel, il aurait été bon d'avoir des données récentes. En leur absence, l'enquête de 1987 sert de point de départ à toute recherche à venir sur le secteur bénévole. Nous n'avons trouvé, par exemple, que peu de choses sur les femmes immigrées et rien sur les femmes autochtones, les lesbiennes ou les handicapées dans le secteur bénévole.

Heureusement, quelques chercheurs ont commencé à combler ces lacunes. Par exemple, une recherche menée sur les immigrées dans le secteur bénévole en Alberta examine quels postes elles occupent, quelle formation elles reçoivent, si leur salaire est raisonnable (dans le cas où elles font partie de la main-d'œuvre rémunérée), comment elles vivent l'expérience et quelle est leur visibilité dans leur milieu de travail5. Une équipe de chercheurs de Montréal examine les effets sur l'évolution de la démocratie au Canada de cette participation des immigrées au secteur bénévole.

Pour sa part, le présent document fait un survol général de la question, y compris des lacunes et il recommande de nouvelles recherches à faire et des mesures à prendre.

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Dernière mise à jour le: 2012-02-08