|
![]() |
![]() |
![]() | |
| English |
Accueil
ISBC | Quoi
de neuf | Carte
du site |
||||
Stages et bourses en élaboration de politiques
Un guide sur la participation à la politique fédérale
Participation du secteur à l'élaboration des politiques ministérielles
Rapport : Le financement, ça compte
La responsabilisation/ gestion financière (ressources)
Groupe de travail sur les investissements communautaires
Modifier les méthodes de financement de la GI-TI
Portail du secteur bénévole et communautaire
Répertoire canadien des fondations et des entreprises
La réforme du cadre réglementaire
Déclaration de renseignements révisée (T3010)
L'examen de la Loi sur les corps. canadiennes
Guide à l'intention des administrateurs des sociétés à but non lucratif
Initiative pancanadienne d’apprentissage (IPA)
Ressources humaines dans le secteur bénévole et communautaire (RHSBC)
Initiative canadienne sur le bénévolat (ICB)
Enquête nationale sur les organismes bénévoles et sans but lucratif (ENOB)
Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation (ENDBP)
Projet d’étude comparative de Johns Hopkins
|
Motivation en situation difficile : problèmes des femmes dans le secteur bénévole au canada
MOTIVATIONS POUSSANT À DONNER, FAIRE DU BÉNÉVOLAT ET PARTICIPERCe qui pousse un individu à donner, faire du bénévolat ou participer est un ensemble complexe de facteurs : situation économique, caractéristiques démographiques, valeurs personnelles, politiques gouvernementales et conditions personnelles.9Par exemple, le niveau des revenus d'un individu et leur croissance influent sur le revenu dont cet individu dispose pour faire des dons. L'économie affecte les taux d'emploi, le nombre des heures de travail et la qualité du travail des gens, ce qui, à son tour, joue sur la quantité et la qualité de temps libre qu'un individu peut consacrer à faire des dons ou du bénévolat. Les responsabilités familiales modifient également les choix des femmes. L'évolution des conditions démographiques entre également en ligne de compte, notamment les conséquences du vieillissement de la population. Pour certains, vieillir signifie plus de revenus discrétionnaires à consacrer aux dons de bienfaisance; pour d'autres, une santé chancelante empêche de faire du bénévolat; pour d'autres encore, la retraite donne la possibilité de consacrer plus de temps à une cause. Une étude sur l'implication des aînés à Sherbrooke (Québec) montre que les gens de 60 ans et plus comptent pour plus de 74 % des bénévoles de la région10. De plus en plus, ce sont les citoyens âgés de 65 à 74 ans qui aident ceux de 74 ans et plus, une tendance que renforce l'abandon par les gouvernements des services sociaux et de santé11. D'autres facteurs démographiques interviennent également : composition ethnoculturelle de la population, immigration et plus grande mobilité de la population. Le choix qu'un individu fait d'une activité ou de la destination de ses revenus discrétionnaires ou de son temps libre dépend, bien sûr, de ses valeurs personnelles. Les gouvernements ont aussi une influence sur les dons et le bénévolat par leurs politiques qui encouragent, ou pas, ces activités. Des crédits d'impôt plus généreux en reconnaissance de dons, l'instauration du service communautaire obligatoire comme condition d'obtention du diplôme d'études secondaires ou un financement adéquat des organisations communautaires montrent que le gouvernement peut avoir un effet positif. Sur un plan plus personnel, indépendamment de l'âge, du sexe, du rang social, de l'origine culturelle ou raciale, le premier motif qui pousse les gens à faire du bénévolat est le désir d'aider les autres et d'améliorer les choses. Un autre facteur, de plus en plus fréquent, est l'acquisition de nouvelles compétences permettant de trouver un emploi, ou un meilleur emploi. Les femmes, plus souvent que les hommes, voient dans le bénévolat le moyen d'obtenir un travail rémunéré, puisqu'elles entrent ou rentrent sur le marché du travail à des stades différents de leur vie12. Une étude portant sur les conseils bénévoles des organismes féminins indique que les motivations mentionnées étaient " vouloir faire une différence ", " vouloir faire quelque chose " (plutôt que de se contenter de parler) et, d'une manière générale, " chercher à aider "13. D'autres motivations avaient davantage trait à l'acquisition de compétences professionnelles, par ex. en finances, en gestion et en administration. L'étude a constaté un intérêt général de ces femmes à apporter et utiliser leurs compétences pour avoir en retour l'occasion d'en acquérir ou d'en développer de nouvelles. D'autres personnes étaient motivées par leur appartenance à une minorité - ethnique ou d'orientation sexuelle - et par leur allégeance aux intérêts de ces groupes. Aucune de ces femmes n'a dit être entrée au conseil de ces groupes ou collectivités dans le but d'établir des liens d'amitié, mais beaucoup ont pourtant reconnu que c'était là l'un des résultats les plus positifs de leur geste. Dans cette même étude, une femme qui avait fait partie du même organisme pendant un certain temps avait constaté une nette évolution dans les motivations et les intérêts des membres du conseil. Tandis qu'auparavant, la plupart des femmes s'engageaient à servir dans le conseil à cause du combat politique qu'elles menaient dans le contexte sociopolitique large (leur désir d'obtenir l'égalité avec les hommes et l'équité), récemment, beaucoup étaient plutôt motivées par des intérêts personnels ou professionnels, ou par le désir d'aider d'autres femmes. Le déplacement de la motivation, d'une volonté politique ou féministe militante vers une professionnalisation et un aspect travail social se trouve reflété ici. Le besoin de répondre aux besoins particuliers d'autres gens et le désir d'appartenir à un groupe et de maintenir des liens avec la collectivité ont été mentionnés comme motivation première par des aînés, dans une étude sur le soutien à domicile menée dans le Québec rural14. Beaucoup de bénévoles cherchent une expérience authentique et unique dans la relation qu'ils établissent avec les personnes qu'ils aident15. Les femmes de 50 ans et plus qui font du bénévolat dans les collectivités rurales du Québec s'engagent différemment selon la période de leur vie et les conditions de chaque génération16. D'abord engagées dans des activités liées à l'éducation des enfants ou à leur paroisse, elles se tournent ensuite vers une action plus sociale en s'occupant de sujets comme la violence faite aux femmes ou d'autres enjeux liés aux droits. Et même si elles ont plus de temps disponible, beaucoup de femmes choisissent en vieillissant de ne plus faire de bénévolat pour avoir plus de temps à elles ou pour répondre à leurs besoins spirituels. Une étude portant sur les Canadiennes mariées entre 1914 et 1945 montre que les femmes de la haute bourgeoisie (cette étude les qualifie de Vital Volunteers) faisaient beaucoup de travail non rémunéré17. Elles devaient recevoir des invités reliés au travail de leur époux, ou faire le bénévolat qu'on les poussait à faire. Comme ces femmes étaient plus libres de faire du travail bénévole du fait que leur famille n'avait pas besoin qu'elles aient un travail rémunéré, on s'attendait à ce qu'elles en fassent. Pourtant ce travail était perçu par la société, mais peut-être aussi par ces femmes elles-mêmes, comme moins valable qu'un travail rémunéré, même si elles consacraient de nombreuses heures et beaucoup de compétence à coordonner des activités ou des manifestations. Souvent conscientes des compétences qu'il leur fallait et des responsabilités qu'elles assumaient, elles ne percevaient cependant pas l'importance ou le sérieux de leur travail. Même s'il n'existe pas de statistiques sur les femmes handicapées qui font du bénévolat, il faut souligner que le secteur bénévole revêt une importance particulière pour elles en tant que groupe, les handicapés ayant, à cause des difficultés d'accès, moins de chances d'occuper un emploi classique18. Les taux de pauvreté et de chômage sont extrêmement élevés parmi les handicapées, de sorte qu'elles ont plus tendance à faire du bénévolat pour se sentir utiles. C'est pourquoi le taux de participation des femmes handicapées est très élevé. De multiples obstacles institutionnels et socioculturels rendent l'intégration des immigrées lente et difficile, parfois même impossible. Statistiquement parlant, les immigrées s'intègrent mal, même si elles ont souvent un niveau d'instruction plus élevé que les Canadiennes de naissance; leurs gains moyens sont inférieurs, elles sont sur-représentées dans les petits emplois et elles sont fréquemment sous-employées19. Une étude sur l'intégration des immigrantes dans les centres urbains de Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, et sur leur activité au sein d'un organisme, a évalué l'importance de ces activités dans le processus d'intégration. Faire du bénévolat avait pour ces femmes un rôle positif et constituait une stratégie d'intégration. Laurence Lagouarde, coordinatrice du Centre des femmes de Montréal (CFM) qui compte dans ses rangs quelque 80 % d'immigrées, a remarqué des motivations similaires chez les femmes qui fréquentent le CFM : " Faire du bénévolat peut être un moyen de s'intégrer à leur pays d'adoption, de créer des liens, de parler le français ou l'anglais et de développer un sentiment d'appartenance20. " Pourtant, au Collectif des femmes immigrantes de Montréal, les bénévoles ont une bonne instruction, parlent français et sont déjà bien intégrées à la société canadienne. Elles voient dans leur engagement un moyen de trouver un emploi et, si elles n'en ont pas encore, leur priorité est de trouver un emploi rémunéré21. Une étude qualitative a cherché à savoir si le fait de faire du bénévolat facilitait l'établissement des Chinoises de Hong Kong mariées, ayant immigré au Canada depuis 1987; elle aussi a constaté l'effet positif du bénévolat22. Dans le projet pilote, on avait recruté des femmes inscrites à des programmes d'anglais langue seconde, pour les former puis les placer comme bénévoles dans diverses organismes communautaires. Parmi les difficultés qu'elles éprouvaient toutes, notons le manque de connaissance de la langue anglaise, le centralisme familial (des relations sociales étroitement centrées sur les membres de la famille et limitées aux immigrants du même groupe ethnique), le manque de connaissance des structures et des ressources de la société d'accueil et enfin, le manque de compréhension de la culture canadienne et donc de familiarité et d'aisance avec elle. Elles partageaient en outre ce que les auteurs appelaient le syndrome de la veuve mariée23. Elles qui avaient été actives ou qui travaillaient dans leur collectivité d'origine, se trouvaient désormais limitées à l'univers domestique; souvent leur mari était resté en Asie pour s'occuper de leurs entreprises. Ces femmes disaient souffrir d'isolement par rapport à la collectivité extra-familiale et extra-ethnique, et manquer de confiance en elles face à la langue et à la culture ambiantes, ce qui les empêchait de participer à la vie de leur nouvelle collectivité. En général, l'expérience a été positive. Les participantes ont dit qu'elles avaient amélioré leur connaissance de l'anglais, qu'elles avaient tissé des liens d'amitié avec d'autres participantes et avec les bénévoles et le personnel des organismes où elles avaient été placées, qu'elles comprenaient mieux les comportements culturels (en particulier les pratiques et attitudes en matière d'éducation des enfants) et les ressources de la collectivité, et qu'elles avaient plus confiance en elles et étaient davantage portées à fonctionner à l'extérieur de leur groupe familial ou culturel. L'auteur fait néanmoins remarquer le problème éthique que risquent de soulever de tels programmes s'ils étaient encouragés à grande échelle comme moyen d'aider les immigrantes à s'intégrer, précisant qu'on pourrait crier à l'exploitation de la main-d'œuvre immigrante, mais elle ajoute que, s'il est vrai que les participantes auraient bénéficié autant, sinon plus, d'un emploi rémunéré qui les aurait mis en contact avec des Canadiens, leur niveau d'assurance, de connaissance de l'anglais et de la culture dominante les auraient sans doute empêché d'obtenir un tel emploi. Cette expérience de bénévolat leur a offert un milieu plus souple, moins exigeant et moins stressant que celui d'un emploi rémunéré24. À propos de l'expérience des femmes comme bénévoles et des problèmes auxquels elles font face, quelques études ont cherché à approfondir les facteurs psychologiques à considérer à grande échelle. Une étude portant sur les dirigeantes municipales en vue aux États-Unis avance quelques facteurs psychologiques intéressants qui s'appliquent sans doute également aux structures de la culture canadienne25. Vues de l'extérieur, ces femmes faisaient preuve d'indépendance et de compétence dans un monde d'hommes - celui de la politique, des affaires, etc. et pourtant, du seul fait qu'elles étaient des femmes, elles devaient recourir à des moyens indirects et éviter la confrontation pour exercer leur influence. Beaucoup ont dit qu'elles devaient ou préféraient adopter une attitude discrète et qu'elles minimisaient souvent leurs réussites. Intérieurement, beaucoup d'entre elles, même parmi les plus compétentes et les plus reconnues, ont exprimé une surprenante propension au doute et au manque d'assurance quant à la valeur de leur travail et à leurs réussites réelles. Cette tension entre l'acceptation par les femmes des rôles qui leur sont traditionnellement dévolus, à cause des privilèges et du statut que ces rôles leur confèrent, et leur désir de rompre avec les limites mêmes que ces rôles leur imposent, provoque en elles un important conflit psychologique et la mise en œuvre de mécanismes psychologiques assez complexes destinés à résoudre ces dilemmes. Cependant, en dépit des difficultés, les femmes ont réussi à gagner beaucoup de choses qui leur importaient : des expériences, des compétences, des relations sociales plus larges, et un sentiment plus vif de leur propre valeur. Selon une étude portant sur les femmes qui font du bénévolat en tant que membres de conseils d'administration, peu de celles qui étaient entrées à ces conseils pour développer leurs aptitudes étaient, au départ, intimidées or craintives à l'idée d'y tenir un rôle actif. Elles étaient intéressées à faire partie d'un centre de pouvoir, mais doutaient également un peu de leurs capacités au moment où elles sont entrées en fonctions, un sentiment que l'on peut relier au conditionnement social et aux rôles traditionnellement considérés comme féminins plutôt que masculins. Découvrir leurs pouvoirs était peut-être l'objectif qu'elles convoitaient, il n'en était pas moins difficile à atteindre. Certaines des femmes qui sont devenues membres de conseils d'administration ont dû faire face à des problèmes psychologiques d'estime de soi, de confiance et de renforcement de leur autonomie26. DIFFÉRENCES ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMESSelon un feuillet d'information sur les différences entre hommes et femmes en matière de dons et de bénévolat, rédigé par le Centre canadien de philanthropie (à partir des chiffres produits par l'Enquête canadienne sur le don, le bénévolat et la participation (ECDBP)), au Canada, un peu plus de la moitié des bénévoles et des donateurs sont des femmes, mais individuellement, les hommes donnent en général plus d'heures et de dollars27.Cette étude indique en effet que 81 % des femmes et 75 % des hommes faisaient des dons, les femmes fournissant au total 2,32 milliards de dollars et les hommes, 2,12 milliards. En moyenne, cela équivalait à 243 $ par homme et 236 $ par femme, la plus grosse proportion du total, pour l'un et l'autre sexe étant donnée par l'intermédiaire des lieux de culte (48 % et 50 % respectivement). En général les hommes donnent plus fréquemment par déduction sur leur traitement (13 % par rapport à 9 %), tandis que les femmes donnent plus régulièrement à certains organismes (47 % contre 41 % pour les hommes). Même si les caractéristiques étaient similaires pour les femmes et pour les hommes, la principale différence était que les femmes donnent plus souvent à des organismes liés à la santé, et les hommes, à des œuvres philanthropiques et au bénévolat, par ex. aux organismes qui recueillent de l'argent. La première motivation reconnue par tous les donateurs, tant hommes que femmes, était la compassion pour les gens dans le besoin, mais les femmes avaient plus tendance à indiquer qu'elles étaient motivées par le fait d'être personnellement touchées ou de connaître quelqu'un qui était personnellement touché. L'enquête ECDBP a constaté que plus de femmes que d'hommes font du bénévolat (28 % contre 25 %), mais les hommes y consacrent plus d'heures que les femmes (170 heures pour les homme, 155 pour les femmes)28. Le Québec est la seule province où il y a presque autant de bénévoles parmi les hommes que parmi les femmes (51 % des hommes et 49 % des femmes). On a cependant constaté une baisse du pourcentage de Canadiens qui font du bénévolat, de 31 % en 1997 à 27 % en 2000. Cette baisse du taux de participation s'accompagne d'une baisse du nombre total d'heures offertes, mais individuellement, ceux qui font du bénévolat y consacrent plus de temps29. D'après l'enquête, les femmes s'occupent plutôt de :
Les hommes choisissent plutôt de :
Malheureusement, l'enquête ne fournit pas de profil détaillé de la répartition des bénévoles selon le sexe, comme le faisait l'Enquête nationale de 1987 sur le bénévolat31. Certains des résultats tirés des données de 1987 valent la peine qu'on s'y arrête car ils sont sans doute encore valides. Par exemple, les femmes ont tendance à faire plus de travail bénévole non officiel que les hommes, c'est-à-dire en dehors d'un organisme32. Cela a été calculé d'après ce que les hommes et les femmes considéraient comme du travail bénévole. Beaucoup des femmes interrogées au cours de l'enquête accomplissaient quotidiennement diverses tâches qui sortaient du cadre des tâches domestiques et des soins de base à leur famille, mais elles ne considéraient que quelques-unes de ces tâches comme du bénévolat. Par simple socialisation, les femmes se sentent souvent obligées de prendre soin des autres, même en dehors de leur famille immédiate, et cela explique qu'elles fassent plus de travail bénévole non officiel (en dehors d'un organisme) que les hommes, et qu'elles le fassent sans même considérer qu'elle en font. Parmi ceux qui se définissaient comme des bénévoles en bonne et due forme, c'est-à-dire des bénévoles associés à un organisme, 42 % des hommes, mais seulement 31 % des femmes ont répondu par l'affirmative à la question " Avez-vous aidé à administrer cet organisme? " Les six emplois bénévoles les plus fréquents chez les femmes sont :
Les six emplois bénévoles les plus fréquents chez les hommes sont :
Une autre différence notable entre les hommes et les femmes était leur situation face à l'emploi. Parmi les répondants qui se considéraient comme des bénévoles, 73 % des hommes avaient un emploi à plein temps, comparativement à seulement 38 % des femmes; 16 % seulement des hommes n'étaient pas sur le marché du travail, mais 40 % des femmes. Cet écart correspondait aux statistiques globales sur l'emploi au Canada pour cette période. Dans la catégorie des organismes voués à la santé, 77 % des bénévoles étaient des femmes, ce qui est nettement plus que le pourcentage global donné dans l'étude (55 %)33. Les auteurs présument que c'est peut-être dû au fait que les soins de santé font, par stéréotype, partie des activités féminines (donner des soins, etc.). De même, plus de femmes que d'hommes contribuaient à fabriquer des choses, préparer des repas et vendre (37 % des femmes, 27 % des hommes) et un pourcentage plus élevé d'hommes que de femmes recrutaient, formaient, parlaient en public ou siégeaient dans les conseils (30 % des hommes contre 14 % des femmes). Les hommes passaient plus de temps à donner des conseils et des avis et ils formaient les deux-tiers des administrateurs des organismes voués à la santé, même s'ils étaient beaucoup moins nombreux que les femmes à y faire du bénévolat, ce qui correspond, encore une fois, aux stéréotypes sexuels. Le profil des organismes de service social montrait que plus probablement, les bénévoles mâles avaient contacté spontanément l'organisme, tandis que les femmes avaient plutôt répondu à une campagne publique de recrutement34. Plus d'hommes que de femmes avaient contribué à créer les organismes dont ils s'occupaient. Là encore, au sujet des activités réelles, il y avait des différences marquées selon le sexe. Les hommes, plus fréquemment que les femmes, supervisaient d'autres bénévoles (22 % par rapport à 14 %), siégeaient au conseil d'administration (29 % par rapport à 20 %) et disaient aider à administrer leur organisme (35 % par rapport à 27 %). Les données de l'Enquête nationale de 1987 et de l'ECDBP de 2000 établissent clairement que, même si l'écart s'est resserré entre ce que les hommes et ce que les femmes font comme bénévolat, il y a encore une division du travail selon les stéréotypes sexuels. Les hommes en général sont entraîneurs sportifs, siègent aux conseils, donnent des idées, et font des travaux d'entretien; les femmes s'occupent davantage de ce qui a trait à l'alimentation, la vente, la confection de choses et la collecte de fonds. Les femmes sont encore beaucoup moins nombreuses que les hommes dans les infrastructures communautaires, les clubs de service, parmi les pompiers, et dans le développement économique communautaire35. Selon des statistiques provenant du Centre d'action bénévole de Montréal, qui coordonne les bénévoles pour quelque 500 organismes de la région de Montréal, les femmes comptent pour les deux tiers des bénévoles et s'occupent essentiellement des services communautaires et sociaux, tandis que les hommes, qui composent le dernier tiers, s'occupent surtout de sports et de loisirs36. Il est un autre domaine tributaire des femmes bénévoles, c'est le réseau scolaire. Les écoles primaires en particulier comptent sur le bénévolat des mères; sans elles, les activités seraient bien moins nombreuses et, dans bien des cas, il n'y aurait pas de bibliothèque37. Souvent, les mères se sentent coupables si elles ne font pas de bénévolat quand elles ont du temps libre. Pourtant il y a aussi des avantages à s'impliquer dans les questions scolaires, ne serait-ce que celui de prendre part aux décisions. Les femmes forment 80 à 90 % des bénévoles et du personnel de l'Association québécoise pour les droits des retraités (AQDR). Selon Huguette Beauchamps, ancienne présidente de l'organisme, il y a plus de femmes que d'hommes comme présidents des sections locales de l'Association38. Dans la MRC de Sherbrooke, les femmes occupent 66 % des sièges aux conseils d'administration des divers organismes communautaires, et les auteurs estiment qu'il en va de même dans le reste du Québec. La même étude a constaté que 74 % des bénévoles de la région avaient au moins 60 ans et que 71 % d'entre eux étaient des femmes39. Il y a peut-être moins de différence entre le bénévolat des hommes et celui des femmes, chez les handicapés que dans l'ensemble de la population. Selon Kathy Marshall, de DAWN Canada " dans les organismes de handicapés, il y a très peu de division visible du travail selon le sexe de celui qui l'effectue. C'est parce que nous sommes si peu nombreux et avons si peu de ressources que tout le monde est forcé de tout faire40. " Elle fait toutefois remarquer que les femmes sont attirées par le travail bénévole relié aux activités familiales, par ex. les garderies et aider les autres, tandis que les hommes travaillent au conseil et aux questions touchant l'organisme. De toute évidence, on ne peut faire de généralisations à propos des immigrants et des minorités visibles, même si l'on peut présumer que la division du travail dans leurs organismes correspond aux valeurs de la communauté en cause41. Dans le domaine, certains considèrent qu'en fait, les caractéristiques des hommes et des femmes, leur participation, leurs problèmes et les défis ou avantages auxquels ils font face ne sont pas différents, dans le secteur bénévole, de ce qu'ils sont dans les autres secteurs : " Dans le secteur bénévole, la direction est masculine. Il y a plus d'initiative féminine dans les organismes et les activités de type travail social, dans tout ce qui a trait aux enfants et dans les organismes de femmes42.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||