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Pressées de toutes parts : ce dont les petites organisations sans but lucratif ont besoin pour survivre et prospérer
4. Les constatations : les atouts et les difficultés des organisations et des organismesAfin de tenir compte des différences entre les organismes et les organisations, des discussions distinctes ont eu lieu avec les groupes se désignant eux-mêmes comme des organisations et ceux se désignant comme des organismes. La distinction entre les deux tient à ce que les organismes doivent supporter le fardeau permanent des frais généraux nécessaires pour offrir leurs services. Quatorze organismes ont donné des renseignements sur le revenu de l'année précédente. En 2000, le revenu moyen dont ces organismes ont disposé pour la prestation des services était de 54 857,14 $ (la fourchette allant de 26 000 $ à 100 000 $). Ce revenu a servi à rémunérer 17 employés à plein temps (pour une moyenne de 1,21 employé à plein temps) et huit employés à temps partiel (pour une moyenne de 0,57 employé à temps partiel). Les quinze organisations ayant dit avoir un revenu et du personnel avaient un revenu total de 398 650 $ et, en moyenne, seulement trois employés à temps partiel et quelques employés à contrat. L'an dernier, leur revenu se situait dans une fourchette de 400 $ à 115 000 $. Avec si peu d'employés rémunérés, l'essentiel des ressources était consacré aux activités, soit par exemple les sports pour les enfants, la nourriture et les vêtements pour les personnes pauvres ou la protection de l'environnement. Les organisations qui se consacrent à la protection de l'environnement, à la santé, au développement économique, aux sports pour les enfants et les jeunes, au patrimoine, aux préoccupations de résidents des quartiers, à la pauvreté et à l'alphabétisation ont donné ce bref aperçu des raisons pour lesquelles elles existent et pour lesquelles les bénévoles continuent de donner de leur temps. Elles offrent « d'autres services à la collectivité comme des activités de loisirs pour les enfants10 qui ne sont fournis nulle part ailleurs ». « Savoir qu'on le fait pour ses voisins » donne un sentiment de fierté civique : les petites organisations favorisent la participation des citoyens et rassemblent les membres de la collectivité. Comme elles ont une bonne connaissance des questions locales, les petites organisations travaillent à sensibiliser le public à ces questions afin d'influer sur les politiques publiques. Elles réussissent particulièrement bien à s'entraider. Un certain nombre d'organisations ont fait état de partenariats, de coopération et de partage des services. Un bon groupe de bénévoles est ce qui leur permet de faire leur travail. Dans bien des cas, il semble que le succès soit attribuable au fait que les organisations sont de petite taille, « plus près des gens et mieux informées de ce qui se passe sur le terrain ». En étant petites, les organisations peuvent se pencher sur des questions et des besoins locaux bien précis, ce que ne peuvent pas faire les grandes organisations et les grandes institutions qui, ayant des mandats plus vastes, doivent adopter une approche plus générale. Bénévoles : La lutte des petites organisations pour leur survie est ce qui préoccupait le plus la plupart des participants aux groupes de discussion. Le recrutement et le maintien des bénévoles sont de graves problèmes. Il est difficile de trouver des bénévoles; le recrutement et la formation des bénévoles prennent du temps et coûtent cher; le roulement est un problème, en ce sens qu'il arrive, qu'une fois formés, des bénévoles quittent l'organisation; les bénévoles sont stressés et épuisés parce que les besoins sont trop grands. Les participants ont également souligné qu'être bénévole n'est pas une activité gratuite. Les frais de garde des enfants et les frais de transport peuvent s'avérer un frein pour un certain nombre de personnes et les empêcher de faire du bénévolat pour des organisations. Obtenir le concours de bénévoles pose effectivement des problèmes en raison des coûts liés au recrutement, à la formation, à la conservation, à la supervision et à la reconnaissance des bénévoles. Quand des bénévoles quittent le groupe (roulement), le cycle recommence. L'épuisement a été cité comme un problème de plus en plus grave chez les bénévoles. Compte tenu de la dose accrue de stress, de tensions et de responsabilité associé au bénévolat, « les gens se demandent pourquoi ils devraient s'imposer autant de stress en devenant bénévole ». La crainte de poursuites et la responsabilité sont d'autres facteurs qui démotivent grandement les bénévoles possibles. Il est donc très difficile de trouver des bénévoles : les changements importants advenus dans la structure de la société et du monde du travail font que les gens soient moins disponibles pour le bénévolat et ceux qui le sont y pensent à deux fois avant de s'engager à donner de leur temps. L'inconvénient avec les bénévoles, c'est que ceux-ci ont parfois des attentes qui ne sont pas réalistes; ils peuvent parfois être « eux-mêmes en manque d'autonomie et dans le besoin » et il arrive que certains d'entre eux aient une grande soif de pouvoir (ne voulant partager aucune des prérogatives de leur poste ou refusant de communiquer à d'autres l'information dont ils disposent). Financement et collecte de fonds : Le financement et la collecte viennent au deuxième rang des tâches les plus décourageantes pour les organisations. Les participants ont indiqué qu'ils " passaient plus de temps à recueillir des fonds qu'à offrir le service à proprement parler ". Les petites organisations ont plus de difficulté à réunir des fonds parce qu'elles manquent de relations, qu'elles sont peu connues et qu'elles doivent rivaliser avec les autres groupes sans but lucratif pour obtenir des dons. Les groupes manquent d'argent pour faire leur travail efficacement : ils doivent « souvent travailler sans argent ». Pour obtenir des subventions, les organisations doivent déterminer le sujet du moment sur lequel ils doivent mettre l'accent. La rédaction de propositions « prend énormément de temps et d'énergie » et exige qu'on puisse « jouer le jeu ». En plus, les bailleurs de fonds s'attendent à ce que les petites organisations puissent trouver des fonds de contrepartie et parviennent à établir des partenariats, ce qui est un fardeau de plus. Pour obtenir les fonds disponibles, les groupes doivent composer avec les règles du gouvernement qui sont floues et changeantes. L'alternance de périodes d'abondance de fonds suivies de périodes de pénurie est malsaine et les conditions qui se rattachent aux subventions que les organisations réussissent à obtenir sont parfois irréalistes. Même si l'aspect le plus important du travail des petits organismes tient à leur souplesse, qui leur permet de fournir à l'échelle locale des services répondant aux besoins et aux particularités du milieu, les efforts que ceux-ci doivent faire pour survivre soulignent la vulnérabilité due à leur petite taille. Le financement a été énoncé comme un problème crucial pour les petits organismes. La réduction du financement compromet la prestation des services. Faute d'un financement de base permettant de faire face aux frais généraux, les petits organismes doivent se lancer à la recherche de fonds pour des projets spécifiques, de nouveaux programmes, etc., sans avoir les fonds assurés pour leurs programmes et leurs services établis et éprouvés. On ne saurait même parler de planification et de durabilité tant que les organisations seront tributaires d'un financement à court terme. Pour un bon nombre, la nécessité de mettre l'accent sur la recherche de fonds pour juste se tenir à flot réduit de beaucoup le temps qui leur reste pour faire leur travail. Un certain nombre de participants aux groupes de discussion se sont dit préoccupés par la pertinence, d'un point de vue éthique, de sources de fonds comme le bingo et les loteries. Il a également été souligné que le fait de devoir rivaliser avec les autres groupes pour obtenir des fonds de plus en plus rares conduit à des divisions dans la collectivité. Les pratiques gouvernementales consistant à se décharger du travail sur le dos des organisations sans but lucratif tout en réduisant le niveau de financement pour la prestation de services sapent sérieusement les forces du secteur. Le « gouvernement nous appelle pour nous parler des problèmes sociaux ». Aux pratiques du gouvernement s'ajoute la frustration de voir que « nous travaillons encore sur des questions qui sont à l'ordre du jour depuis des années » et qu'il faut satisfaire à des besoins trop nombreux avec des ressources insuffisantes. Sensibilisation du public aux sujets impopulaires : Les participants ont souligné que le fait d'être une petite organisation pose un problème lorsqu'il s'agit d'attirer l'attention du public sur des sujets impopulaires et qui créent un malaise (p. ex., les enfants pauvres). Ils ont fait remarquer que les gens ne sont pas conscients de la contribution que les petites organisations apportent à leurs collectivités de sorte que les organisations sans but lucratif et leurs bénévoles ne sont pas appréciés à leur juste valeur. Crainte de poursuites : La crainte de poursuites est un sujet brûlant pour les petites organisations. Cette crainte influe tant sur l'éventail des services fournis que sur la difficulté à recruter des membres pour les conseils d'administration. Besoin d'avoir accès à des services d'infrastructure : Les participants ont mentionné le besoin d'avoir accès à des services d'infrastructure (téléphone, télécopieur, photocopieur). Ces services sont relativement peu coûteux, mais ont une immense valeur pour les petites organisations. Succès des services : Les organismes représentés au sein des groupes de discussion offrent un large éventail de services comprenant l'information dans les situations d'urgence, la prestation de conseils, les services visant à assurer le bien-être des animaux, le recrutement et le placement des bénévoles, le soutien et l'information pour les familles, l'alimentation, les services d'emploi, les programmes de loisir, l'accès à Internet, les services de santé, l'aide en cas d'urgence et l'éducation. Pour ces organismes, le succès tient aux services et à l'aide plus personnalisés qu'ils offrent et qui ajoutent au confort de leurs clients. Leurs services particuliers ne sont pas offerts ailleurs localement ou sont conçus spécifiquement pour répondre aux besoins locaux, ce qui les rend très précieux pour la collectivité. Parce que l'organisme est petit et local, il a une bonne connaissance de la collectivité et il y est connu. Comme l'organisme est connu localement, sa responsabilité à l'égard de la collectivité est assurée puisque les enjeux et les actions sont visibles. La souplesse et l'adaptabilité sont d'autres caractéristiques des petits organismes qui ont été mentionnées et attribuées à leur base communautaire et à l'absence de bureaucratie. Les participants ont indiqué que, parce que les petits organismes sont « près des gens », ils peuvent « comprendre ce qui se passe dans la collectivité et réagir directement » en adaptant leurs programmes et leurs services. Autres atouts : Les organismes sont fiers de leur capacité de gérer leur revenu limité de manière à en tirer le maximum. Les partenariats et la communication entre les petits organismes communautaires sont d'autres points forts favorisant une meilleure planification et l'entraide dans le réseau local de programmes et de services. La petite taille des organismes contribue à une bonne communication entre le personnel et les bénévoles, ce qui favorise l'engagement de ces derniers. La passion et l'engagement à l'égard d'une question ou d'un objectif sont d'autres caractéristiques qui ont été utilisées pour définir les petits organismes. Conseil d'administration : Les membres des conseils d'administration, c'est-à-dire les personnes ayant la responsabilité légale et financière des organismes, s'inquiètent de plus en plus au sujet des poursuites et de leur responsabilité. On ne peut dire si la diminution du nombre de bénévoles acceptant de siéger au conseil d'administration est liée à la question de la responsabilité. L'engagement et le professionnalisme sont essentiels pour que les conseils soient efficaces. Dotation en personnel : Les participants ont indiqué que la dotation en personnel des organismes est un problème. Les longues heures de travail, l'épuisement, la faible rémunération et le peu de prestige des organismes font qu'il est difficile de trouver et de conserver des employés. La paperasserie est un autre problème pour les petits organismes qui doivent remplir les mêmes formulaires que les grandes organisations, de même que le manque d'infrastructure (locaux de bureau, téléphone, télécopieur, accès à Internet, etc.). Enfin, les organismes qui s'occupent de certaines questions sont frappés d'un stigmate qui fait qu'il leur est difficile de trouver des bénévoles ou de recueillir des fonds. Marketing et promotion : La petite taille des organisations et des organismes est un problème pour ce qui est du marketing et de la promotion parce que le « message se perd souvent dans l'ombre des messages des grands organismes semblables ». Par ailleurs, il se pourrait que les effets du transfert des responsabilités gouvernementales aux organismes communautaires et à leurs bénévoles soient encore plus importants que les inconvénients liés à la petite taille. Les représentants des organismes ont fait remarquer qu'on utilise mal les bénévoles lorsqu'on a recours à eux pour donner sous une forme morcelée des services délaissés par les gouvernements.
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