À partir de 1988, avec ses premiers mémoires au comité du Cabinet chargé de la politique sociale (dont faisait partie le premier ministre dans les années 1990), le CSC a transmis au gouvernement les messages clés sur l'importance du secteur bénévole et communautaire, le lien solide entre le développement économique et le développement social, et la nécessité d'un plan social pour les appuyer. Malgré la communication persistante de ces messages, lorsque, dans le discours du Trône de 1992, le gouvernement a annoncé son intention d'élaborer un plan social stratégique, le CSC a été quelque peu pris par surprise. En 1993, la directrice générale du CSC, Penelope Rowe, a été invitée par la province à se joindre à un groupe de planification stratégique dont les autres membres étaient des sous-ministres. En 1996, un document de consultation publique avait été rédigé, et la consultation devait être supervisée par un comité consultatif sur la politique sociale, dont Penelope Rowe était également membre. Le processus de mobilisation comportait non seulement des consultations au sein de la fonction publique, mais également des séances avec des intervenants et un dialogue public au cours de réunions qui ont fait voyager les membres du comité dans toutes les régions de la province, y compris dans des collectivités isolées et éloignées. Son rapport sur les consultations a été diffusé en 1997.
Le premier plan social stratégique (PSS) a été diffusé en 1998, et recommandait un changement vers des approches axées sur l'intervention précoce et la prévention en politique sociale, le développement en fonction du lieu et l'acquisition massive de moyens d'action communautaires19. Une des stratégies pour atteindre ces objectifs est la création de comités directeurs régionaux dont les membres comptent des institutions locales oeuvrant dans les domaines de la santé et de l'éducation, ainsi que des organismes de services communautaires, et qui ont pour responsabilité d'appliquer le plan dans leurs propres collectivités et de formuler à l'intention du gouvernement provincial des recommandations concernant des initiatives régionales particulières qui répondraient aux objectifs du PSS. Le financement des projets pilotes a également commencé peu après. Selon Penelope Rowe, les questions non réglées à la fin de l'an 2000 portaient sur les rapports qu'auraient ces comités directeurs régionaux avec les ministères provinciaux et sur l'engagement des collectivités dans leurs activités. Dans le cadre du PSS, le gouvernement s'est engagé à effectuer un bilan social, à partir des mesures de responsabilité communautaires, régionales et provinciales.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'un concordat ou d'un accord officiel, le processus d'élaboration du plan social stratégique et les changements qu'il amène dans le processus stratégique et en substance se sont combinés pour confier aux organismes bénévoles et communautaires un rôle plus important dans l'établissement des buts sociaux pour la province, et ont contribué à atteindre ces objectifs grâce à leurs moyens d'action accrus.
19. Voir gouvernement de Terre-Neuve et du Labrador, People, Partners and Prosperity: A Strategic Social Plan for Newfoundland and Labrador (St. John's, 1998), que l'on peut consulter sur Internet à l'adresse http://www.gov.nf.ca/ssp/.