Un accord représente également pour le niveau national du secteur une possibilité - en fait, il l'exigera - de bâtir des relations avec la diversité du niveau communautaire. Afin que l'accord donne les meilleurs résultats possibles pour l'ensemble du secteur, il faut considérer trois éléments dès le départ. Le premier est le contenu de l'accord : quels sont les principaux aspects des relations que le secteur à tous les niveaux aimerait changer et comment les inscrire dans l'accord? Quels genres de mécanismes de surveillance, de rapport et de conformité conféreraient à l'accord une pertinence continue et une influence pour modeler le comportement des ministères et des organismes bénévoles et communautaires? Comment faire de l'accord un document vivant, et non pas un document esclave de la période durant laquelle il a été élaboré?
La mobilisation du secteur dans ce processus est le deuxième élément clé. La légitimité du processus et la crédibilité des dirigeants à la TCA reposent largement sur la mesure dans laquelle le reste du secteur se sent vraiment engagé. En fait, les dirigeants du secteur pourraient subir des torts considérables, et les efforts déployés au cours des cinq dernières années pour créer un secteur plus fort et plus homogène pourraient être vains si la base a l'impression que l'accord n'est qu'un exercice dirigé par Ottawa. Ainsi, les intérêts des membres du secteur bénévole et communautaire qui participent à la TCA durant l'étape de la mobilisation ne sont pas les mêmes que ceux de leurs homologues au gouvernement, et le processus doit en tenir compte afin de le rendre constructif pour l'établissement de relations au sein du secteur.
Enfin, l'accord signifie que le secteur, à long terme, devra élaborer des moyens d'action pour jouer son rôle de partenaire égal dans la relation. Un accord suppose des mesures de responsabilité et d'autoréglementation plus fortes au sein du secteur, des moyens d'évaluation pertinents, des pratiques démocratiques qui n'oublient personne, de meilleures communications intersectorielles, une capacité plus forte d'analyse des politiques ainsi que des mesures améliorées de formation et d'acquisition de compétences. Cela pourrait exiger des changements de structure et de procédures, mais, par-dessus tout, un leadership solide, et plus particulièrement la collaboration et la coopération entre les organismes nationaux. Le secteur commence déjà à penser et à agir davantage comme un secteur. Un accord ne doit pas imposer de fardeaux inutiles, mais pourrait donner un élan additionnel pour le développement d'un secteur solide, homogène et plus en mesure de satisfaire des besoins communautaires plus complexes et de promouvoir une citoyenneté plus active.