Toutefois, comme en Angleterre, la consultation du secteur dans toute sa diversité était importante pour rédiger la rédaction du concordat et le soutien à son endroit, même si ce processus passait principalement par les réseaux du SCVO. Cela témoigne de la structuration plus grande encore du secteur bénévole et communautaire en Écosse qu'en Angleterre. Le SCVO pouvait vraiment être considéré comme une " association suprême " et son pendant dans le sous-secteur bénévole et communautaire, Volunteer Development Scotland, appuyait son rôle dans le processus de concordat. Aussi, son rôle de chef de file dans le concordat n'a pas été contesté, et tout le secteur pouvait être joint, dans toute son ampleur, grâce à son réseau bien développé et quelque peu hiérarchique d'organismes et de conseils locaux. Si, à l'origine, les membres du secteur n'avaient pas de très grandes attentes quant aux résultats du processus, le texte final leur accordait presque tout ce qu'ils voulaient. Bien que l'élaboration du concordat ait été rapide, il a fallu un an avant qu'il reçoive la sanction officielle, pendant que le Parlement d'Écosse s'établissait, ce qui a ralenti l'élan et fait perdre le centre d'attention. Comme en Angleterre, des codes supplémentaires de bonnes pratiques ont été produits, mais dans ce cas, ils ont été élaborés par l'exécutif écossais en tant que guides pour les ministères, plutôt que par le secteur11.
Étant donné les hiatus dans le processus amorcé par la dévolution, le processus de surveillance est seulement en voie d'être établi. Comme en Angleterre, ce processus sera axé sur un sondage annuel et sur la rencontre des représentants du gouvernement et du secteur, lesquels donneront lieu à un rapport annuel conjoint qui sera d'abord présenté au forum du secteur bénévole et communautaire (formé de hauts fonctionnaires et de représentants du secteur), puis au comité de la justice sociale du Parlement d'Écosse12. L'autre considération importante en Écosse est que l'établissement d'une relation par l'entremise du concordat se produit dans le contexte d'un examen de deux des aspects les plus importants de la relation, à savoir les pratiques de financement et le droit des organismes caritatifs13. Cela signifie que les irritants stratégiques liés aux politiques en matière de financement, à la définition de bienfaisance ou aux institutions gouvernementales pour la surveillance du secteur n'ont pas à passer par le concordat et ses mécanismes connexes. Il faudrait également signaler que la défense collective des droits n'est pas problématique en Écosse ou en Angleterre comme elle l'est au Canada. Les gouvernements de ces pays s'attendent à ce que les organismes bénévoles et communautaires se livrent à la défense collective des droits, qu'il s'agisse ou non d'organismes caritatifs enregistrés, et, en général, ils n'essaient pas beaucoup de réglementer cette activité.
11. Comme une forme d'accords cadres existait déjà entre les autorités locales et le secteur, il n'a pas été nécessaire d'en élaborer en Écosse.
12. Il est à signaler que dans la création de nouvelles institutions politiques nécessitées par la dévolution, l'Écosse tente de recourir davantage aux comités parlementaires que ce n'était traditionnellement le cas en Angleterre.
13. L'examen du droit des organismes caritatifs est effectué par une commission indépendante, la commission McFadden, établie par l'exécutif écossais. Ses questions d'intérêt ressemblent remarquablement aux questions soulevées par le groupe d'experts Broadbent, à savoir, la définition de bienfaisance, les institutions de surveillance et la réforme de la réglementation.